A propos du Film

Algérie 1988, le pays est taché de sang. Peur, traumatisme et suspicions traversent ce film témoignage. Dans un contexte desplus chaotiques, trois jeunes amis: Asma, Faouzi et Ramdane, libres et insouciants, se trouvent induits subrepticement dans la folie meurtrière engendrée par une dérive islamiste incontrôlable. «El Manara», film d’un réalisme poignant, raconte une petite histoire dans la grande Histoire. Une leçon de vérité conduite par une caméra-stylo qui va droit au coeur de l’histoire contemporaine de l’Algérie.
A travers une histoire d’amitié prise dans la spirale de la crise qui agit comme un broyeur, le film tente d’éclairer les contradictions et les archaïsmes d’une société à la fois enracinée dans son époque et attachée à ses croyances et à ses traditions. D’où la référence à l’héritage de tolérance symbolisé ici par le rituel d’El Manara (le phare), qui célèbre chaque année la naissance du Prophète dans la ville de Cherchell. Une fête populaire jugée hérétique par les fondamentalistes….
Le manichéisme de l’époque faisait que ne pas être islamiste radical signifiait forcément qu’on soutenait le pouvoir ! Difficile de trouver sa place et de s’affirmer entre spiritualité islamique et instrumentalisation politique de l’Islam. Hadjadj y réussit parfaitement en donnant une vraie épaisseur à ses personnages, à leur évolution, à leur devenir… Un film fort et poignant, d’un grand réalisateur algérien dans sa maturité qui produit lui-même ses films, par nécessité, et s’implique fortement dans le rôle du
cinéma dans son pays.